Pour guérir les blessures

Texte du charme

Esperment a plaies : Treis bons freres estoient ke aloient al mont d’Olivet por coillir herbes bones a plaie τ a garison. Et ancontrerent nostre Seignor Jesu Crist, τ nostre Seignor lor demanda : « Treis bons freres, ou alez vous ? » τ il responderent : « Al’ mont d’Olivet por coiller herbes de plaie τ de garison ». Et Nostre Sire dit a eus : « Venez o mai, τ me grantez en bone fei ke vous nel diez a nul home ne a femme ne aprendrez : Pernez oile d’olive τ leine ke unkes ne fust lavee, τ metez sor la plaie ». Quaunt Longins l’ebreu aficha la launce en le costé nostre seignor Jesu Crist, cele plaie ne seigna, ele n’emfla point ; ele ne puoit mie, ele ne doloit mie, ele ne rancla mie, ele n’eschaufa mie. Aussi ceste plaie ne seine mès, n’emfle point, ne pue mie, ne doile mie, ne rancle point, n’eschaufe mie. En le nun del Piere, el nom del Fiz, el nun del seint Espirit. Pater noster treis fois.

Traduction

Expérience pour les plaies : il y avait trois bons frères qui allaient au Mont des Oliviers pour cueillir des herbes bonnes pour les plaies et la guérison. Ils rencontrèrent notre seigneur Jésus Christ, et notre seigneur leur demanda : "Mes trois bons frères, où allez-vous ?". Ils répondirent : "Au mont des Oliviers pour cueillir des herbes pour la guérison des plaies". Notre seigneur leur dit : "Venez près de moi et promettez-moi de bonne foi que ne direz cela à aucun homme et que vous ne l'apprendrez à aucune femme : prenez de l'huile d'olive et de la laine qui n'a jamais été lavée et mettez cela sur la plaie". Quant Longin l'hébreu ficha la longe dans le côté de notre seigneur Jésus Christ, cette plaie ne saigna pas, elle n'enfla pas, elle ne pua pas, elle ne fut pas douloureuse, elle ne s'infecta pas, elle ne chauffa pas.  De la même manière, que cette plaie ne saigne pas, qu'elle n'enfle pas, qu'elle ne pue pas, qu'elle ne soit pas douloureuse, qu'elle ne chauffe pas. Au nom du Père, au nom du Fils, au nom du Saint Esprit. notre Père, trois fois

Commentaire sur la formule

Pour soigner les blessures, charme narratif évoquant  la légende des trois frères : trois frères se rendent au Mont des Oliviers pour cueillir des herbes médicinales, en chemin ils rencontrent Jésus qui leur donne sa propre recette de baume avec le charme de Longin. Recette en prose dans un recueil qui alterne les recettes en prose et en vers.

 

Date de copie du charme
XIIIe siècle
Description du charme
Identifiant du charme
13-44
Domaine d'application
Modalités d'application
Forme textuelle
Éléments composants le charme
Langue(s) du charme
Remarques

On retrouve la légende des trois frères dans un charme en anglais d’un manuscrit de la Bibliothèque de la cathédrale de Lincoln, A.1, 17, fol. 176 (années 1430-1440) : cf. Thomas Wright, James Orchard Halliwell (éd.), Reliquiae antiquae. Scraps from ancient manuscripts, illustrating chiefly early english literature and the english language, London : W. Pickering, 1841-1843, vol. I, 126, no II.

Manuscrit contenant le charme
Source

Recueil de recettes
Folios du recueil ou du traité
238R
297R
Manuscrit
Cambridge, Trinity college (Cambridge, GB). Library, O.1.20, 23r, XIIIe siècle.
Place du charme dans le feuillet : Corps du texte
Description du manuscrit :

Volume de 328 fol., en parchemin, composé de quatre manuscrits différents, tous du XIIIe siècle.

Numérisation du manuscrit : https://mss-cat.trin.cam.ac.uk/manuscripts/uv/view.php?n=O.1.20&n=O.1.20#?c=0&m=0&s=0&cv=51&xywh=-1756%2C0%2C6538%2C4140
Édition

Meyer Paul, « Les manuscrits français de Cambridge », Romania, 32, 1903, p. 77-78.

Contributeur(s)/trice(s)
Diane Carron
Béatrice Delaurenti